Auditorium R.Piano 6

Visite guidée des dix plus belles salles de spectacle !

Le spectacle, sous toutes ses formes, est un moment à part dans le quotidien, un moment troublant, émerveillant, provocant et toujours unique . L’auditorium, la philharmonie, le théâtre ou encore l’opéra enveloppent l’homme dans ce voyage vers l’imaginaire et l’illusion. Nous avons décidé de vous amener un peu partout sur le globe, à la recherche des salles de spectacle remarquables, des lieux d’exception où l’architecture a pu se déployer dans toute sa grandeur et sa générosité. Un spectacle en soi.

 

Opéra de Sidney, Jorn Utzon

Construit sur les plans de l’architecte moderne Jorn Utzon de 1957 à 1973, cette salle est devenue sans aucun doute le plus célèbre monument australien. Mastodonte arrimé sur le port de Sidney, le bâtiment s’insère dans le paysage côtier. À mi-chemin entre des gigantesques coquilles et des voiles, il est composé d’une série d’immenses voûtes en béton qui abritent la grande salle de concert (qui contient par ailleurs le plus grand orgue mécanique du monde), l’opéra, les deux salles de théâtre et un studio de répétition. Un programme pharaonique dans une architecture iconique, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco !


Photos: nationalgeographic

Oslo Opera House, Shonetta

On s’arrime encore à un port, mais cette fois ci à Oslo. Comme l’a estimé le président du jury du prix Mies Van der Rohe 2009 (un prestigieux prix d’architecture), « L’opéra et ballet national de Norvège à Oslo est plus qu’un bâtiment, c’est un don à la ville ». En effet, l’immense édifice qui émerge avec prestance sait aussi s’incliner pour accueillir la déambulation des promeneurs qui profitent des magnifiques vues sur les rives du fjord. L’intérieur est aussi chaud que ces pans obliques de marbre blanc sont froids : les architectes de Snohetta ont choisi le bois cher aux pays scandinaves pour l’auditorium, parfaitement adapté à une bonne acoustique.


Photos: Archdaily

Aalto Musiktheatre, Alvar Aalto

On redescend légèrement en latitude, avec un cap tout droit vers Hessen en Allemagne, où l’Aalto Musiktheatre émerveille par l’élégance de ses formes et de ses espaces. Construction posthume basée sur les plans du génie du modernisme nordique Alvar Aalto – alors décédé sept ans plus tôt – le bâtiment s’insère parfaitement dans la ville avec ses courbes élancées, sa hauteur entrecoupée et son porche qui vient accueillir son public jusque dans la rue. Sa magnifique salle à la silhouette asymétrique, avec ses sièges peints en bleu, dégage une aura particulière, presque royale !


Photos: Architectuul

 

National Theatre de Londres, Dennys Lasdun

Encore un bâtiment en trois salles, mais cette fois regroupée dans une unique enceinte et un contexte bien différent, le centre-ville de Londres. Le National Theatre, dessiné par l’architecte anglais sir Denys Lasdun, fabrique sur la Tamise un paysage urbain fait de terrasses emboîtées et de pans de béton brut à la géométrie angulaire. La radicalité du bâtiment lui attirera les foudres du Prince Charles – peu enclin à l’architecture moderne – qui le comparera tout simplement à une centrale nucléaire. Il reste, que au-delà de cette analogie esthétique superficielle, c’est une architecture plein de générosité qui s’est installée sur les rives de la Tamise : les terrasses, parvis et foyers sont autant de points de vue offerts aux passants, autant d’espaces donnés à l’expérimentation théâtrale.


Photos: Philip Vile

Philharmonie de Luxembourg, Christian de Portzamparc

Alors que le National Theatre était avant tout une ouverture sur la ville, la Philharmonie de Luxembourg est un cocon replié sur lui-même, un écrin à la musique. La volonté première de Christian de Portzamparc était d’installer un anneau d’arbres qu’il aurait fallu traverser pour atteindre le bâtiment, alors déconnecté de la ville et de l’activité grouillante des bâtiments de l’Union Européenne qui l’avoisinent. Faute de place, l’architecte français a transformé les arbres en colonnes d’acier blanc et en un immense péristyle de 827 lignes verticales réparties en quatre rangées successives (l’une contient des installations techniques, une autre supporte le vitrage, etc.). Ce péristyle, qui filtre la lumière et les vues, délimite le foyer qui entoure le Grand Auditorium et donne une présence intemporelle et magique à la philharmonie : un temple dédié à l’art, à la musique.

Auditorium Parco della Musica, Renzo Piano

Conçu par le célèbre architecte italien Renzo Piano, l’immense complexe Parco della Musica est construit sur le site qui a accueilli les Jeux Olympiques de Rome en 1960. Réparties autour d’un amphithéâtre en plein air, les trois grandes salles indépendantes ressemblent à d’énormes boîtes à musique bombées, dont la forme et la matière rappellent celles des dômes qui composent le paysage romain. Les trois salles ont des dimensions et des fonctions différentes, mais se rejoignent sur l’extrême flexibilité qu’elles permettent, l’espace pouvant être ajusté à la nature de la performance (les plafonds et le sol sont modulables). A l’intérieur, les murs sont recouverts de bois de cerisier, ce qui permet d’atteindre une acoustique parfaite.


Photos: Renzo Piano Buiding Worskshop

Opéra de Lyon, Jean Nouvel

De l’ancien théâtre Chevanard et Pollet, Jean Nouvel n’a gardé que les façades et le foyer public pour entamer une rénovation contemporaine de grande ampleur. Tout le reste est neuf : l’accueil, les 18 niveaux, la salle de 1100 places, celles de répétition du chœur en sous-sol, la salle de ballet sous la voûte d’acier et de verre. C’est une friction déroutante qui se joue entre le patrimoine et le contemporain, entre la clarté et la masse de la pierre et cette architecture sombre, vertigineuse, suspendue, mat ou luisante, mêlée de reflets et de moirages. Une architecture insérée avec brio dans ce contexte si particulier.


Photos: Office de tourisme de Lyon

Municipal Auditorium of Teulada, Francisco Mangado

Teulada, une ville du sud-est de l’Espagne entre montagnes et mer, un paysage méditerranéen avec lequel a composé l’architecte Francisco Mangado pour concevoir cet auditorium municipal aux lignes brisées. C’est dans cette relation au paysage que s’établit son architecture : l’entrée et les vues les plus généreuses s’orientent vers la mer, la géométrie anguleuse, tout en protégeant l’intérieur de la lumière du sud, révèle son tranchant et évoque en filigrane la topographie des montagnes environnantes. Ce « plié » de la façade et des balcons se poursuit dans le dessin de la salle en elle-même, dessin atypique où un long mur fracturé vient séparer en deux les dernières places. Une sorte d’excroissance rocheuse, participant à la force et l’imaginaire tellurique que Francisco Mangado offre aux spectateurs.


Photos: Juan Rodriguez

Théâtre de Montreuil, Dominique Coulon

On continue dans de l’architecture « pliée » avec ce théâtre aux formes sculpturales signée Dominique Coulon. Cette fois-ci, ce n’est pas l’interprétation du paysage qui a généré les lignes du bâtiment, mais, plus prosaïquement, sa situation urbaine. Lové dans un espace résiduel entre deux places qui se jouxtent, le bâtiment évite de tourner le dos à l’une au profit de l’autre. Ainsi, le bâtiment dans son ensemble s’infléchit, pivote sur lui-même, crée des continuités géométriques avec les immeubles alentours et connecte entre elles les deux places.  Ce mouvement continue à l’intérieur, le bâtiment se donne en spectacle comme une sculpture, du rouge au noir avec toutes les nuances possibles, et ce, jusqu’à la salle.


Photos: Dominique Coulon architecture

Opéra Garnier, Tony Garnier

On finit notre voyage avec un des monuments français les plus prestigieux, l’Opéra Garnier. L’idée d’un nouvel opéra à Paris émergea pendant les transformations de Paris menées par Haussman ; ouvert en 1875, il a été construit pour abriter de façon permanente les compagnies les plus populaires de Paris. Symbole de la splendeur de la ville lumière et de la société bourgeoise, l’Opéra Garnier est un joyau architectural, flambant modèle du style Second Empire. Avec ses escaliers majestueux, ses statues, ses fresques et ses lustres magnifiques, il est une magnifique démonstration de faste et de raffinement : d’excellence française.


Photos: Peter Rivera

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